Serigne Touba : Enfance et formation

Serigne Touba a fait une partie de ses études, notamment coraniques, à bas âge, chez ses oncles auxquels il était confié par son père. Une fois terminé l’apprentissage du Coran, il est retourné chez son père Mame Mor Anta Sally qui continuera sa scolarité. Avec lui, il a très tôt montré des capacités intellectuelles hors du commun.

Il a versifié des ouvrages de grands savants sur des sujets islamiques divers comme le Tawhid (unicité de Dieu), ainsi que des œuvres de soufis. Il aussi écrit ses propres livres, notamment des conseils pour les jeunes, ainsi beaucoup de poèmes dédiés à Allah et au prophète Mouhamed PSL.

Serigne Touba a passe son enfance entre le village de Patar et le village de Mbacké-Cadior où il est resté 2 années après la disparition de son père. Nous sommes en 1885. Et le cheikh affirme que le prophète Mouhamed lui est apparu pour lui dire d’éduquer ses disciples pour se rapprocher du divin. Ceci marque naissance de la voie soufi du mouridisme avec au départ 39 disciples qui ont accepté de suivre Ahmadou Bamba dans cette voie. Il fonde par la suite la localité de Touba qui est aujourd’hui le bastion du mouridisme.

Serigne Touba : Persécution des colons

La vie de Cheikh Ahmadou Bamba a longtemps été marquée par ses rapports tumultueux avec l’administration coloniale de l’époque. Il s’est souvent violemment heurté à cette dernière, aidé en cela par des chefs traditionnels jaloux de l’influence grandissante d’Ahmadou Bamba et le succès immédiat de la confrérie mouride nouvellement créée.

C’est en 1889 qu’il a été convoqué pour la première fois à Saint Louis par le gouverneur, après avoir remarqué qu’il commençait à s’entourer de beaucoup de personnes qui lui vouent une obéissance absolue. Les français redoutaient que le cheikh déclanche une guerre (sainte) contre eux, d’autant que certains partisants de Lat Dior l’avaient rejoint dans cette confrérie. Refusant de déférer à la convocation à plusieurs reprises, les menaces des français se font de plus en plus intimidantes. Le Cheikh resta néanmoins sur ses positions de refus catégorique de coopération.

Finalement, c’est en 1895 qu’il décida d’accéder favorablement à la demande du gouverneur en allant répondre à la convocation. Il se heurte à l’armée sur le chemin et est capturé puis amené de force à Saint-Louis en passant par quelques localités de Louga. C’est la version de certaines sources officielles. Mais pour d’autres, notamment celles des historiens locaux, la réalité est légèrement différente. Serigne Touba s’est effectivement confronté à l’armée, mais cette dernière n’a jamais pu le dominer. Il est allé de son propre gré répondre au gouverneur à Saint Louis.

Quoi qu’il en soit, le marabout de Touba est arrivé à la capitale sénégalaise de l’époque et est ainsi installé dans la résidence du gouverneur du Sénégal.

5 septembre 1895, le conseil privé s’est réuni pour statuer sur le cas de Cheikh Ahmadou Bamba. Le conseil admet qu’il ne peut reprocher à Cheikh Bamba aucun discours tendant à appeler à prendre les armes contre les colonisateurs. Malgré tout, la décision a été prise d’enlever cheikh Ahmadou Bamba de la région où son influence était grandissante mais aussi du Sénégal tout entier pour l’interner hors du pays. Ces talibés et proches collaborateurs sont sommés de retourner dans leurs villages respectifs et ne plus en sortir sans autorisation de l’administration coloniale.

Serigne Touba sera ainsi envoyé au Gabon. La délibération n° 16 du procès verbal stipule :

« Après avoir examiné certains problèmes relatifs à la colonie, le Conseil approuve la décision des membres ci-dessus désignés d’exiler au Gabon le marabout Cheikh Ahmadou Bamba qui doit être embarqué le 21 septembre 1895. Une pension de 50 francs par mois lui sera accordée durant son séjour au Gabon. »